Elections, piège à cons?

Le 21/04/2014.


      Oh mince, le suffrage universel direct a encore fait une connerie. Sur la papier, c'est joli cette idée de suffrage universel. Dans les faits, ça permet surtout aux imbéciles de s'exprimer sous couvert de majorité. Partout dans le monde, depuis Louis Napoléon Bonaparte, c'est statistique, dès que le peuple est consulté, on n'a pas loin d'une chance sur deux qu'il décide de faire n'importe quoi. Je m'inclus dans ce désastre. Mais là, quand même, les algériens ont fait fort.

     Alors bien sûr, au classement des perles électorales, ils se placent loin derrière le vote des allemands en 33 qui restent un peu dans notre mémoire comme les Roi Pelé du suffrage universel. Mais les électeurs de Sarkozy, Berlusconi ou autres Poutine se disputant les podiums de cette course à l'idiotie majoritaire tremblent un peu devant le vote algérien en se disant qu'en guise de connerie, la réélection de Bouteflika pourrait bien supplanter sur les places d'honneur un paquet de consultations populaires se tirant la bourre derrière l'indélogeable élection démocratique du Führer.

     Alors que les autres peuples s'étaient contentés d'élire des cons, les algériens ont réussi l'incroyable exploit d'élire un candidat fantomatique en fauteuil roulant qui a besoin d'un bavoir pour ne pas salir son costume quand il essaie de bafouiller un mot. C'est sans doute son œil débile et sénile qui a convaincu le peuple. C'est vrai que chez nous en France, aux élections, on n'est pas mal mais quand même, tout crétins qu'ils soient, nos présidents ont toujours été capables d'aligner deux mots intelligibles et de mâcher leur nourriture eux-mêmes. Ça fait pas tout mais au moins, on a l'impression d'avoir la base. Mais les algériens, non, eux, la base, ils s'en foutent. Ils pensent qu'un président mobile et parlant, finalement, c'est pas si utile que ça. Remarquez, je me demande si chez nous Hollande ne gagnerait pas effectivement en popularité en restant le cul vissé sur sa chaise à l'Elysée et en fermant sa gueule.

     Quand on y pense, cette élection en Algérie, c'est peut-être une leçon pour tous les prétendants au pouvoir dans tous les pays convertis à la religion du suffrage universel direct. Devant le triomphe du Président sortant algérien, les Chiraquiens y croient à nouveau. Certains témoignent : Chirac serait largement assez moribond pour être réélu haut la main. Mais Giscard ne le laissera pas faire. Il se dit que ses couches pleines d'incontinences peuvent lui donner une longueur d'avance. Pour arbitrer ce duel en 2017, les français attendent de voir lequel de nos politiques va faire le prochain AVC. Pour l'instant Jean-Louis Borloo est le seul à avoir déclaré ses ambitions.

     Le suffrage universel direct, heureusement que c'est drôle pasque sinon, on pourrait se demander si cette bêtise électorale ne serait pas plus dangereuse qu'utile.

 

 

Commentaires (4)

1. nicolasblaise (site web) 23/04/2014

@thomas Un légume en Algérie et une ratatouille en France... L'union méditerranéenne, ça sent déjà le potager. On trouvera bien quelques bananes pour faire une salade de fruits au dessert. On a déjà les poires, c'est nous.

2. nicolasblaise (site web) 23/04/2014

@benoit Pourtant y'a Bourdin et Pujadas, ils nous disent que plus objectifs qu'eux, ben tu meurs. On m'aurait menti?

3. thomas 23/04/2014

En même temps, le meilleur moyen de s'émanciper pour un peuple n'est-il pas de voter pour un légume ?

J'envisage d'ailleurs de créer le parti de la ratatouille. J'ai déjà le slogan : La ratatouille, vous n'aimez pas mais c'est bon pour vous !

4. benoit 22/04/2014

Cette réflexion me fait penser aux diverses expériences de Milgram qui montrent que la majorité des gens en situation de stress ou face à un pouvoir, une autorité obéissent à des ordres qu'ils considèrent pourtant contraire à leur morale.
Je ne parlerais pas de l'Algérie, la Russie ou l'Allemagne de 1930 que je ne connais pas assez.
Les Français ont les capacités intellectuelles et une culture suffisante pour choisir les dirigeants qui leur conviennent le mieux. Mais ils ne le font pas car ils écoutent, je devrais dire : ils obéissent aux médias qui leur suggèrent les candidats adéquats.
Je crois qu'en démocratie, ce n'est pas l'idée la plus partagée qui gagne, mais l'idée qui est soutenue par les gens qui ont le plus de pourvoir de propagande.

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