La gueule de bois des Municipales (31/04/14)

Le 31/03/2014.
    
     Ce matin, c'est la gueule de bois pour les journalistes. Pourtant, il fallait voir tout au long de cette semaine les rédactions frétiller de bonheur, heureuses comme des petites fourmis impatientes de se réveiller tous les matins pour aller turbiner. Mais que s'est-il passé ? Pourquoi, hier, les urnes ont-elles été si peu promptes à réaliser le rêve des journalistes ?
     Ce matin, il n'est plus possible de nier l'évidence. La vague bleu marine tant attendue a fait pschiiit et les journalistes ont le cœur en berne. Pourtant quel effort, quelle communion en France et en Europe toute cette semaine, entre les deux tours, pour nous vendre l'exploit électoral. Il faut dire que le rassemblement bleu marine allait être présent au second tour dans presque un pour cent des communes françaises ! Et presque un pour cent, oui, ça méritait bien d'y passer toute une semaine. Presque un pour cent, c'est un raz-de-marée, une tempête électorale, un tremblement de terre fissurant les derniers piliers d'une République moribonde. Tandis que nous tremblions dans nos chaumières, imaginant déjà le bruit des bottes dans les rues de nos villages, les journalistes exultaient. Presque un pour cent, trois cent vingt-deux communes, ça fait quand même un tas de sujets à faire, c'est la garantie de journaux de vingt heures à la pointe de l'information, recherchant avec acharnement les quatre pelés qui ont conquis la France en glissant dans l'urne leur bulletin brun, c'est la promesse d'audiences mémorables faisant espérer aux annonceurs une vente exponentielle de yaourts et de voitures à crédit.
     Mais non. Ça a fait pschiiit. Finalement, le rassemblement bleu marine et ses alliés de la Ligue du Sud et de Dupont-Aignan n'ont réussi à conquérir que zéro virgule zéro trente-huit pour cent des communes de France. Autant, presque un pour cent, ça faisait un raz-de-marée mais zéro virgule zéro trente-huit pour cent, non, c'est pas tenable. Les journalistes le savent, on peut prendre les français pour des billes mais il faut veiller à ne pas trop dépasser les limites du raisonnable. Et zéro virgule zéro trente-huit, c'est pas raisonnable. Pujadas le sait, il ne tiendra jamais tout un vingt heures avec un chiffre comme ça.
     Alors vite, les journalistes ont tourné la page. Les rédactions se sont ruées dans les instituts de sondage pour voir si il n'y aurait pas un petit chiffre pour relancer la machine, une petite catastrophe annoncée qui redonnerait le sourire. Ils n'ont pas eu à chercher longtemps. Plus qu'un mois à patienter. Vite, vite, qu'elles arrivent ces Européennes. Et puis qui sait, si la Marine elle gagne, les journalistes seront sans doute un peu contents de voir que cette victoire, ce sera aussi un peu la leur. Un peu ou beaucoup.

Commentaires (2)

1. nicolasblaise (site web) 30/04/2014

Les chevaliers de bronze, de misérables chevaliers ? Eh mais si Pégase et Shiryu te chopent, ils vont te maraver ta tête! Pasque moi, à leur place, je le prendrais mal.

2. benoit 29/04/2014

Je réagit en retard à cet article, mais il est toujours d'actualité. Ce n'est pas simplement les journalistes qui s'inquiètent de la montée du FN, c'est toute la classe politique, de la droite Sarkosy à la gauche Mélenchon (ce dernier ayant été jusqu'à suivre Marine Le Pen dans sa circonscription). Et je peux aussi parler des mouvements syndicaux type CGT qui mettent en garde les travailleurs contre la tentation FN.

Alors moi je demande : "pourquoi ?" Parce qu'au final je suis plus ou moins d'accord avec ta conclusion (bien que caricaturale) : le FN ne pèse pas grand chose, et en l'état actuel je le voit mal être en position de prendre le pouvoir. Alors pourquoi tant d'acharnement à le combattre ?

Allez, entre nous, et comme c'est toi, je ne résiste pas à faire la comparaison avec "les chevaliers du zodiaque". Pourquoi le Grand Pope est-il allé jusqu'à envoyer des chevaliers d'or pour arrêter de misérables chevaliers de bronze ?

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