Mais qui es-tu Gérard Filoche?

     Avec sa bonne bouille et son patronyme de pied nickelé, Gérard Filoche, rendu célèbre par ses larmes sur les ignominies cahuzaquiennes, a l'air plutôt très sympathique. Ce samedi, il était l'invité politique de Ruquier. Avec un peu plus d'effort, le bonhomme nous ferait presque espérer que le Parti Socialiste devienne un parti de gauche. Car le Filoche appartient à cette frange éternellement minoritaire du Parti de Solférino qui croit encore que le socialisme pourrait devenir un projet plus qu'un simple adjectif donnant au parti la deuxième lettre de son acronyme.

     Depuis Epinay en 71, le Parti Socialiste a toujours compté dans ses rangs quelques Don Quichotte luttant contre les moulins à vent du virage libéral impulsé par Mitterrand. Mais, à l'instar du chevalier de Cervantès, aucun d'entre eux n'a réussi à empêcher les meules capitalistes de réduire en poussière ce pour quoi le socialisme fut créé.

     Alors nous pouvons rester là, à admirer un homme qui se bat au milieu des chiennes assoiffées de pouvoir qui composent son parti ou, plus simplement, se demander ce qui passe par la tête de Filoche quand il décide, inlassablement, chaque année, de reprendre sa carte chez les socialistes. Ses justifications, nous les connaissons. Les Poperen, Emmanuelli ou autres Hamon nous les ont déjà données à leur époque : rester, continuer et se battre de l'intérieur pour faire de leur parti le parti de gauche qu'il devrait être. Malgré le temps et les défaites successives des motions anti-libérales, certains socialistes, dont Filoche, croient encore qu'un miracle peut sauver le moribond.

     Pour peu, nous pourrions considérer cela comme de l'entrisme, une goutte de socialisme espérant colorer un océan de social-démocratie. La question reste posée. Pourquoi se condamner à suivre un parti qui depuis plus de quarante ans, à quelques exceptions législatives près, fait la part belle à la dérégulation économique et à la marchandisation du monde ? Je voudrais bien avoir la réponse mais j'avoue que là, je cale. Alors oui, Filoche surfe sur ce nouvel espoir des quarante et un socialistes n'ayant pas apporté leur soutien au pacte de responsabilité et de solidarité de Valls. Mais les mêmes, sans doute, dans les pas d'un Benoît Hamon, iront demain rejoindre les rangs de la majorité socialo-libéralo-démocrate lorsque la carotte d'une investiture ou d'un poste viendra titiller leurs appétits électoraux.

     Pourtant, quand Gérard Filoche parle, on lui donnerait bien Matignon ou l'Elysée sans confession. Mais, pour filer dans la caricature, aurions-nous applaudi Gandhi s'il avait adhéré au parti nazi ? Même avec toutes les bonnes intentions du monde de quelques rares partisans, le Parti Socialiste est définitivement devenu un bastion de tout ce qui fait vomir dans la société moderne les rêveurs, dont je suis, qui pensent que la gauche a encore un avenir.

     Disons que le jour où nos dirigeants politiques devront rendre compte devant un tribunal populaire d'avoir plongé des populations entières dans la misère, Filoche sera, je l'espère, épargné.

Commentaires (3)

1. benoit 14/05/2014

@ nicolasblaise :
Je voulais simplement dire que ce monsieur est de gauche et que par conséquent il est satisfait de soutenir un parti qui est classé à gauche.
Il y a des gens qui se masturbent devant des femmes nues, et d'autres en se disant qu'ils sont de gauche. Désolé pour la vulgarité.

2. nicolasblaise (site web) 14/05/2014

@benoit La question reste donc posée. Que fait-il au PS?

3. benoit 13/05/2014

M. Gérard Filoche - c'est la première fois que j'entends son nom - au vu de ton article, est tout simplement ce qu'on appelle une personne de gauche. A savoir une personne qui soutient l'humanisme, le pacifisme, le progressisme, l'égalité, la justice sociale, la solidarité et des bisous pour tous.

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