Tour de Romandie 2014

Un apéro avant la soupe ?
Prologue. Ascona – Ascona (5,6km), le 29/04/2014.

     L'enseignement principal de ce prologue c'est que oui, Froome est capable de faire presque six kilomètres en vélo sans attraper un rhume, se fouler un ongle ou abandonner. Bon, il a pas cassé des briques non plus mais comme on avait quelques doutes, on se contentera de ça. De son côté Van Garderen qui est tombé soudainement amoureux de la route est allé lui faire un câlin en laissant au passage un petit bout de hanche sanguinolent au bitume en guise de souvenir . Il prend plus de trois minutes dans la tête. M'en fous, j'aime pas Van Garderen. Y'en a un que j'aime bien, c'est Kwiatkowski. Souvent, il finit troisième. Sauf que là, comme Kittel lui avait piqué sa troisième place, il a fini premier devant Dennis. Une grosse dizaine de secondes derrière, on trouve tous les autres. Des Nibali, des Costa, des Spilak et tout un tas d'autres types de ce calibre là que les futurs cols se chargeront de nettoyer un peu. Mais..., attendez. C'est quoi cette odeur qui me titille le bulbe olfactif ? Mais, dites-moi, oui, je la connais cette odeur ! Ça sentirait pas un peu le mois de juillet ce Tour de Romandie ? Oh si, oh si !, c'est ça ! Youpi, youpi, c'est le printemps !



Oh, y'a le Tour de Turquie aussi...
Etape 1. Ascona – Sion (201km), le 30/04/2014.

     Aujourd'hui, j'ai surtout regardé le Tour de Turquie. Oui, le Tour de Turquie, c'est drôle. Aujourd'hui, au Tour de Turquie, la route était tellement glissante qu'ils ont dû neutraliser la course. Y'a Greipel, il a fait son schtroumpf grognon en disant que ça suffisait que lui, il abandonnait. Greipel, il avait pas envie de se refaire la clavicule. Quel pleutre ce Greipel, si t'as peur des routes glissantes, tu fais pas du vélo, tu fais de la couture. Plein des gens, même Cavendish, sont venus lui dire de rester.  En plus, au Tour de Turquie, c'est Taaramae le leader, et moi j'aime bien Taaramae. Finalement, Greipel est resté et Cavendish a écrasé la tête à tout le monde au sprint. Au Tour de Turquie, aussi, y'a Napolitano. Napolitano, il est drôle. Avant-hier, il a pris une amende pasqu'on lui a dit que oui, on a droit de faire pipi au bord de la route mais qu'il faut pas le faire devant des gens. Et hier, il a pris une autre amende pour s'être accroché à une voiture dans l'ascension finale. Depuis ça, je suis devenu un fan de Napolitano. Sinon, en Romandie, comme y'avait une descente dans le final, Nibali a attaqué. Ça a pas marché mais c'est pas grave pasque Nibali, un jour, ça marchera et ce jour-là Froome et les autres iront pleurer leur mère et personne ne viendra les consoler. Finalement c'est Albasini qui a gagné. Ça fait que les suisses, ils sont drôlement contents pasque ça faisait dix ans qu'un suisse n'avait plus gagné en Romandie.



Où l'autorité n'aime pas qu'on lui pisse dessus
Etape 2. Sion – Montreux (166km), le 01/05/2014.

     Bon, déjà, deux mots sur le Tour de Turquie qui est définitivement très drôle. D'abord, pasque le Roi Cavendish s'est fait botter les fesses par Viviani. Et ça, un Roi qui perd à la pédale ou qui se fait décapiter, quoiqu'on en dise, ça pose toujours un petit sourire au coin de la lèvre. Mais c'est surtout grâce à Napolitano que ce Tour de Turquie est drôle. Oui pasqu'en fait Napolitano, il a pas pris une amende pour avoir pissé devant des gens comme j'avais dit hier. Non. Il aurait pris une amende pour avoir pissé avec son collègue Habeaux sur la voiture du directeur de course ! Rhôôô, les types, ils ont pissé sur la voiture du directeur de course ! Bravo, bravo, on en redemande ! J'étais déjà devenu un peu fan de Napolitano depuis hier. Là, je crois que je vais acheter son poster avec un cadre. Sinon, en Romandie, Albasini a encore une fois aligné tout le monde au sprint. Du coup, il prend le maillot jaune à Kwiatkowski. Pfff, c'est nul, j'aime bien Kwiatkowski moi. Pour l'instant, c'est vrai que le Tour de Romandie est moins drôle que celui de Turquie. Sauf que maintenant, finies les étapes où les parpaings avaient encore leurs chances, il reste deux étapes de montagne et un contre-la-montre individuel pour finir alors ça risque de devenir vraiment drôle. J'aimerais bien qu'il y en ait un qui pisse sur la voiture du directeur de course.



Un, scoubidoubidou
Etape 3. Le Bouveret – Aigle (180km), le 02/05/2014.

     Aujourd'hui, nous sommes passés à deux doigts du massacre. Au pied de la dernière ascension, Nibali a attaqué. Force est de constater que l'attaque de l'italien ne devrait pas rester longtemps dans la légende du cyclisme. Cinquante mètres à peine plus loin, lui et tous les autres contemplaient le dos noir et bleu du leader de la Sky qui avait lancé la machine. C'est à ce moment-là qu'on a eu un peu peur pour le massacre. Froome avait creusé un grand trou, et tous les autres allaient y mourir comme des Tutsis. Sauf que Spilak, le gredin, a réussi à s'extirper de la fosse commune pour aller chercher le Hutu. Spilak, tant qu'à bien faire, au passage, il a pris une machette et tranquille, il l'a planquée dans sa poche avant de rejoindre le britannique. Là, comme l'année dernière,  le hutu et le tutsi se sont promenés à l'avant en se donnant la main, se faisant plein de petits bécots. C'est beau l'amour. Derrière, dans la fosse commune, des types  s'affrontaient pour la troisième place en piétinant au passage ceux qui s'affrontaient pour finir dans les dix premiers. Devant, l'amour ne s'effrita que lorsque le sprint vint. Et là, pim !, à la machette qu'il l'a dégommé ! Spilak prend l'étape pour une demie roue et le maillot jaune pour une seconde. Sinon, en Turquie, c'est nul, Napolitano n'a pissé sur personne et Adam Yates a piqué le maillot turquoise à Taaramae pour, pareil, une seconde.



Où les maçons sont de sortie...
Etape 4. Fribourg – Fribourg (174km), le 03/05/2014.

     Aujourd'hui en Romandie, l'échappée a fait manger son dentier au peloton. Heureusement que ça arrive parfois. Il faut dire que tout le monde a bien fait son travail pour que ça se déroule bien. Surtout le peloton qui n'a rien fait du tout. Les équipes de sprinteurs ont préféré faire un grand atelier de maçonnerie où les parpaings dans le peloton pleuvaient comme des grenouilles. Pourtant, même en faisant n'importe quoi, le peloton reprend souvent les échappées. Sauf que devant, aujourd'hui, y'avait pas de la gnognotte. Non. Y'avait Voeckler, Bakelants et Albasini. Y'avait Vuillermoz et Marino aussi mais ils ont pas trouvé les ailes pour suivre jusqu'au bout le trio alors ils se sont inscrits avec les autres à l'atelier des maçons. Voeckler, Bakelants et Albasini, plus brutes que ça, en échappée, tu trouves pas. Et au sprint, en Romandie, plus mieux qu'Albasini, y'a pas. Trois victoires sur cinq étapes, le prorata est plutôt sympathique. Voeckler finit deuxième devant Bakelants. Souvent, quand Albasini gagne quelque part, y'a Viviani qui gagne ailleurs. En Turquie, l'italien a encore tapé Cavendish au sprint. Le roi déchu finit même troisième derrière Guardini. Moi, j'aime bien quand des italiens gagnent. Les suisses, c'est bien aussi mais je m'en fous un peu plus.



Où les rois reprennent leur couronne...
Etape 5. Neuchâtel – Neuchâtel (18km), le 04/05/2014.

     J'aurais aimé, au moins, qu'il y ait photo. Mais non. Froome a éclaté la tête à Spilak en particulier et à tout le monde en général. Même Martin finit derrière cette saleté de britannique. Froome, cette saison, il court pas beaucoup mais quand il est là et qu'il a pas des inflammations ou des infections, il déboîte. Avec Contador qui déboîte aussi depuis le début de la saison, ça promet une sacrée chienlit cet été. En Turquie aussi c'était la dernière étape. Et Cavendish a repris sa couronne. Bon alors certains disent que Guardini devrait porter réclamation pasqu'il se serait fait un peu serrer contre les barrières par Cavendish. Ouais, bon, c'est un sprint quand même, ils sont pas là pour distribuer du muguet non plus. Alors certes, nous étions sans doute aux frontières de la légalité en matière de sprint mais Guardini, aussi, il avait pas qu'à se mettre du côté de la barrière. Taaramae, avec sa seconde de retard, a essayé de faire un coup dans le final mais ça a drôlement énervé l'équipe de Yates qui a tellement bien roulé que l'estonien prend quatre secondes de plus dans son dentier. Cinq secondes... Rhôô, le type, comme il doit regretter sévère de n'avoir pas sprinté jusqu'au bout à Elmali. Moi, en tout cas, à sa place, j'aurais bien la haine !

 

 

 

 

 

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