La complainte des hommes vidangistes

 

Ah mesdames si vous saviez quelle aventure

C'est pour nous messieurs d'uriner dans la nature

De ce que nous accomplissons à chaque instant

Que dans les extériorités l'envie nous prend

Oh non vraiment ce n'est pas une sinécure

Pour nous messieurs que d'uriner dans la nature

 

Ne dissimulez pas vos dents derrière un voile

Je vous vois du rire moqueur tisser la toile

Vous je le lis dans vos yeux mesquins d'effrontées

Trouvez le propos léger à n'en pas douter

Presqu'y aperçois-je une pointe de mépris

N'est-ce pas vous qui en payez le plus fort prix

 

Gardez donc votre zèle pour d'autres combats

Ne vous ai-je jamais vues avec vos cabas

Plantées comme des potiches par cinquantaines

Devant les commodités votre vessie pleine

Craignant devant vos rotondités dévoilées

Que n'apparaisse un satyre ou un obsédé

 

Du coin de l'œil à l'unisson vous maudissez

La gent masculine pourvue d'un robinet

Qui leur permet en toute pressée circonstance

Malgré le dit manque chronique d'élégance

D'uriner n'importe où sur un mur un cyprès

Se faisant à l'abri des regards indiscrets

 

Nul besoin à cela de revenir dessus

Mais de ce pas faisons halte aux idées reçues

Dans les files d'attente se perdent vos heures

Mais sachez que nous partageons d'autres malheurs

Par l'éternel cessez donc d'être nombrilistes

Oyez la complainte des hommes vidangistes

 

Quand Eole est furieux et que sa bile bout

Devinez-vous qu'il est bien périlleux pour nous

D'aller sortir par un vent fort chose-machin

Afin de dégager le surplus urinin

Car la gestion du jet devient incontrôlable

Nous revenons souliers souillés et fierté pâle

 

En ce jour il fait froid dit monsieur thermomètre

Dans ces cas-là messieurs il faut bien être honnête

Notre phallus frileux devient tout engourdi

Et selon sa mesure râblé ou rabougri

Il se cache alors dans sa caverne pubienne

Les fins urinaires sont ainsi diluviennes

 

Et si à tout hasard les hormones s'en mêlent

Que le pénis spongieux se gonfle pêle-mêle

Quelle qu'en soit la cause cela est laborieux

Car de la gravité il s'en évertue peu

Uriner est alors de la mathématique

Il faut maîtriser la courbe parabolique

 

Le crépuscule annonce d'autres aventures

Et rien ne joue pour nous c'est la nouvelle lune

Dans le noir mesdames vous pouvez deviner

Que la chute du jet nous est dissimulée

La lumière retrouvée on lit les dégâts

Dans vos yeux atterrés votre nez en émoi

 

Et que dans ces malheurs ne s'en rajoute un autre

A l'anatomie de l'urètre revêt la faute

Qui n'a jamais ressenti refermant ses braies

Une ultime suave et chaude humidité

Perlant par trop hâtif d'un vit mal égoutté

Signant nos dessous d'une tâche auréolée

 

Voyez mesdames quel est donc notre malheur

En cet organe qui nous rend souvent hâbleurs

Et lorsque viendra enfin pour vous l'épilogue

De vos heures à attendre devant les gogues

Pensez votre jet bien planqué entre vos cuisses

Que nous messieurs nous trouverons couverts de pisse

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